Elephant Nature Park : le sanctuaire éthique des éléphants

Jérémy

Fondé en 1995 par Sangduen « Lek » Chailert, une Thaïlandaise qui a consacré sa vie aux éléphants, l’Elephant Nature Park est l’un des sanctuaires les plus connus au monde pour ces pachydermes. Il a aussi pour vocation de sensibiliser les visiteurs et la population locale à leur sort. Lek Chailert, dont l’engagement a été salué jusqu’en France (elle a reçu la Légion d’honneur en 2022), est aujourd’hui considérée comme une pionnière du tourisme éthique en Thaïlande, à une époque où le mot « sanctuaire » est de plus en plus utilisé, y compris par des établissements qui continuent d’exploiter les animaux sous une forme à peine différente.

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Écotourisme et tourisme responsable

L’Elephant Nature Park se situe dans la vallée de Mae Taeng, à environ une heure et demie de route de Chiang Mai. Entouré de montagnes et de forêts, le site s’étend aujourd’hui sur plusieurs centaines d’hectares où les éléphants circulent librement, loin des enclos et des chaînes que l’on trouve encore dans certains camps plus traditionnels.

Ici, aucun éléphant n’est contraint de porter une nacelle, de jouer au ballon ou de se livrer à des spectacles pour le plaisir des touristes. Le parc applique une philosophie dite « saddle-off » (sans selle) : les visiteurs observent les animaux à distance respectueuse, participent à leur nourrissage et à des tâches d’entretien, mais ne montent jamais sur leur dos. C’est aujourd’hui le critère numéro un pour distinguer un sanctuaire réellement éthique d’un établissement qui se contente d’en emprunter le vocabulaire.

Les visiteurs ont également l’occasion de visionner un documentaire sur le sort des éléphants domestiqués en Thaïlande, parfois soumis dans leur jeunesse au « phajaan », un rituel traditionnel destiné à briser leur volonté pour les rendre dociles, aujourd’hui dénoncé par la plupart des ONG de protection animale et par les sanctuaires eux-mêmes.

L’argent généré par les visites sert essentiellement au bien-être des animaux, en premier lieu leur alimentation : un éléphant adulte consomme entre 150 et 200 kg de nourriture par jour (fruits, légumes, herbe et canne à sucre), un chiffre revu nettement à la hausse par rapport aux estimations plus anciennes.

Elephant Nature Park : informations pratiques

  • Ouvert tous les jours, généralement de 8h à 17h
  • Visite d’une journée complète : environ 2500 à 3500 bahts par adulte selon le programme choisi (nourrissage, promenade, activités incluses), tarif enfant réduit
  • Formules courtes disponibles : demi-journée le matin ou l’après-midi à partir d’une vingtaine d’euros
  • Séjours plus longs possibles (une nuit, voire une semaine en tant que bénévole), avec hébergement et repas inclus
  • Situé dans la vallée de Mae Taeng, à environ 60 km de Chiang Mai
  • Réservation fortement conseillée à l’avance, les places étant limitées chaque jour
  • A consulter : Le site d’Elephant Nature Park

Le saviez-vous ?

Une grande partie de l’habitat naturel des éléphants a été détruite par l’exploitation forestière au cours du siècle dernier. Il subsiste néanmoins une petite population d’éléphants sauvages dans le nord de la Thaïlande, protégée au titre des espèces menacées. Le sort des éléphants domestiqués reste, lui, beaucoup plus préoccupant : longtemps utilisés pour l’exploitation forestière (activité désormais interdite) puis reconvertis dans le tourisme, beaucoup ont été battus, mutilés, privés de sommeil ou forcés à travailler jusqu’à l’épuisement. C’est précisément ce type d’animaux que recueille l’Elephant Nature Park, aujourd’hui devenu un modèle repris par d’autres sanctuaires du pays (Elephant Hills, Elephants World, Surin Elephant Project, entre autres) qui appliquent les mêmes principes de non-monte et d’observation à distance.

Pour les voyageurs qui hésitent entre plusieurs adresses, un bon réflexe est de vérifier concrètement si l’établissement autorise ou non les balades à dos d’éléphant : c’est le signe le plus fiable pour distinguer un vrai sanctuaire d’un camp touristique classique simplement rebaptisé.

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