Ouvert en 1977, le JEATH War Museum est situé dans l’enceinte du temple Wat Chai Chumphon, en plein centre de Kanchanaburi. Il a été fondé par l’abbé du temple, le vénérable Phra Theppanyasuthee, en hommage aux dizaines de milliers de morts survenus lors de la construction du chemin de fer de la Birmanie. C’est le plus ancien musée consacré à cette tragédie dans la ville, et il conserve un caractère bien plus artisanal et recueilli que le grand musée moderne installé aujourd’hui près du pont de la rivière Kwaï, avec lequel il est parfois confondu.
La voie ferrée Siam-Birmanie en quelques mots
Construite entre 1942 et 1943 pour le compte de l’armée japonaise, la voie ferrée relie la capitale de la Thaïlande Bangkok à Rangoun, la plus grande ville de Birmanie (aujourd’hui le Myanmar). Elle s’étend sur environ 415 km, dont une bonne partie a aujourd’hui disparu ou n’est plus en service : seul un tronçon d’une centaine de kilomètres, entre Kanchanaburi et Nam Tok, est encore emprunté par des trains touristiques.
Cette construction a été réalisée par :
- environ 180 000 travailleurs asiatiques réquisitionnés (Birmans, Malais, Thaïlandais, Indonésiens, Chinois)
- environ 60 000 prisonniers de guerre alliés
dans des conditions extrêmement difficiles : rations très faibles, maladies tropicales (choléra, dysenterie, béribéri) non soignées, et journées de travail forcé de l’aube jusqu’à la nuit, ce qui a valu à la ligne son surnom de « chemin de fer de la mort ».
À la fin des travaux, on estime que plus de 90 000 travailleurs civils asiatiques sont morts, ainsi qu’environ 12 000 à 16 000 prisonniers de guerre alliés, dont approximativement 6 300 Britanniques, 2 800 Australiens, 2 500 Néerlandais et quelques centaines d’Américains.
Le musée de la guerre de Kanchanaburi
Comme l’indique son acronyme (Japan, England, America, Australia, Thailand & Holland War Museum), le musée rend hommage aux six nationalités concernées par cette tragédie.
La construction du chemin de fer de la mort
La première partie du musée fait découvrir les conditions de vie des prisonniers de guerre, avec la reconstitution de huttes de bambou identiques à celles où ils étaient entassés, dans une chaleur et une promiscuité que les panneaux explicatifs décrivent sans détour.
Les huttes de bambou
La seconde partie du musée permet de retrouver des objets ayant appartenu aux prisonniers : armes, outils, cartes, mais aussi photographies, dessins et peintures réalisés par les prisonniers eux-mêmes, souvent donnés par des survivants ou leurs familles après la guerre. Ce sont ces œuvres originales, fragiles et irremplaçables, qui expliquent pourquoi le musée est aussi strict sur les photographies.
Le JEATH War Museum : Informations pratiques
- Ouvert tous les jours, de 8h30 à 16h30
- Entrée : de l’ordre de 30 à 50 bahts selon les périodes, en net recul par rapport aux tarifs demandés il y a quelques années
- Situé dans l’enceinte du Wat Chai Chumphon, à proximité de l’office du tourisme (TAT) de Kanchanaburi
Le saviez-vous ?
Le musée a la particularité de ne pas autoriser les photographies dans certaines salles. Ce n’est pas un paradoxe mais une mesure de conservation : de nombreux documents et œuvres exposés sont des originaux datant des années 1940, prêtés ou donnés par d’anciens prisonniers et leurs descendants, et le musée cherche à limiter leur exposition à la lumière des flashs pour les préserver aussi longtemps que possible.
Crédit: Blogspot