Le sepak takraw

Jérémy

Tout comme le muay thai, le sepak takraw est un sport national de la Thaïlande. Parfois appelé le « kick volley », ce sport collectif se rapproche du volley-ball, mais à l’inverse de ce dernier, les joueurs jouent principalement avec leurs pieds, leur tête, leurs épaules et leurs genoux, sans jamais toucher la balle avec les mains ni les bras.

Un peu d’histoire

Les origines du sepak takraw sont encore entourées de mystère de nos jours. Pour certains, le sport viendrait de la péninsule malaise, où les enfants du sultan Mansur Shah jouaient déjà au cours du XVème siècle. Pour d’autres, le sepak takraw daterait de la fin du XVIème siècle, sous le règne du roi siamois Naresuan. À l’époque, il se pratiquait sur un terrain en forme de cercle, et ce n’est qu’à partir des années 1740 que ce sport s’est joué comme aujourd’hui, sur un terrain rectangulaire proche de celui du badminton.

Mais toutes ces histoires ont un point commun : c’est dans les années 1930-1940 que le sepak takraw s’est structuré comme sport organisé, la Thaïlande étant l’un des tout premiers pays à le codifier, avant qu’il ne se popularise dans l’ensemble de l’Asie du Sud-Est. Le sport a fait son entrée aux Jeux d’Asie du Sud-Est (SEAP Games, ancêtre des SEA Games) en 1965, la même année qu’a été fondée la Fédération asiatique de sepak takraw.

Les règles

La popularisation du kick volley coïncide avec la mise en place de la réglementation moderne. En voici les principales :

  • La taille du terrain est de 13,40 m de longueur et de 6,10 m de largeur, séparé par un filet (il s’agit de la même taille qu’un terrain de badminton)
  • La balle, aujourd’hui le plus souvent en fibre synthétique tressée (elle était traditionnellement en rotin), a une circonférence officielle comprise entre 42 et 44 cm chez les hommes, et 43 à 45 cm chez les femmes, pour un poids d’environ 170 à 180 grammes
  • Chaque équipe est composée de 3 joueurs (le regu)
  • Un match se dispute généralement en 2 sets gagnants de 21 points, selon les compétitions

Au service, le tekong (le serveur) frappe la balle avec le pied tout en conservant au moins un pied dans le cercle central. Chaque équipe peut toucher la balle 3 fois au maximum avant de la renvoyer par-dessus le filet, un peu comme au volley-ball, mais avec une contrainte physique bien plus exigeante puisque les acrobaties aériennes, coups de pied retournés en pleine course, font partie intégrante du spectacle.

La fin d’un règne aux SEA Games

La Thaïlande reste historiquement la nation dominante du sepak takraw, mais son statut a été sérieusement écorné lors des 33èmes SEA Games organisés en Thaïlande fin 2025 : l’équipe masculine thaïlandaise, invaincue dans l’épreuve par équipe (team regu) depuis 34 ans, s’est inclinée en finale face à la Malaisie, mettant fin à l’une des plus longues séries de domination de l’histoire du sport en Asie du Sud-Est. Les Thaïlandais se sont rattrapés côté féminin, où leur équipe a décroché l’or face au Vietnam, confirmant que la discipline reste extrêmement disputée dans la région, entre Thaïlande, Malaisie, Vietnam et Indonésie.

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