La situation économique de la Thaïlande en 2026

Jérémy

La Thaïlande reste la deuxième économie d’Asie du Sud-Est, derrière l’Indonésie, selon les données régulièrement publiées par l’ESCAP (Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique des Nations unies). Après la crise financière asiatique de 1997 puis celle des subprimes de 2008, le pays a connu plusieurs décennies de croissance, mais son rythme s’est nettement ralenti depuis la pandémie de Covid-19, plombé par une dette des ménages élevée et une compétitivité industrielle rognée par la concurrence régionale.

Le PIB aujourd’hui

Le Produit Intérieur Brut thaïlandais avait fortement progressé dans les années 2000, avant de ralentir sensiblement depuis. D’après les prévisions les plus récentes de la Banque mondiale, de l’OCDE et de la Banque asiatique de développement, la croissance du PIB thaïlandais devrait tourner autour de 1,5 à 1,8 % en 2026, un niveau nettement inférieur à celui des pays voisins comme le Vietnam ou les Philippines, comme le confirment les statistiques commerciales et économiques publiées par l’OMC sur le profil économique thaïlandais. Ce ralentissement s’explique en partie par le poids du tourisme dans l’économie (encore fragilisé après la crise sanitaire), par une industrie manufacturière vieillissante, en particulier dans l’automobile, et par un endettement des ménages parmi les plus élevés de la région.

Les secteurs économiques

L'évolution des secteurs économiques thaïlandais
Le graphique ci-dessus retrace l’évolution historique des grands secteurs jusqu’au début des années 2010. Depuis, la structure de l’économie thaïlandaise a continué d’évoluer, avec un léger recul de la part industrielle au profit des services.

Le secteur des services représente aujourd’hui la part la plus importante de l’économie, autour de 44 % du PIB, porté notamment par le commerce, le tourisme et l’hôtellerie-restauration, ainsi que par les transports et les communications. Le secteur manufacturier et industriel reste néanmoins central, avec environ un tiers du PIB, l’automobile, l’électronique et l’agroalimentaire transformé constituant les piliers de l’export thaïlandais. Le secteur agricole, longtemps en déclin relatif, pèse encore environ 13 % du PIB, un chiffre resté étonnamment stable ces dernières années malgré la baisse continue de la part de la population employée dans les rizières et les plantations.

Les grands chantiers en cours

La Thaïlande continue d’investir massivement dans ses infrastructures pour renforcer son rôle de plateforme logistique régionale, notamment vis-à-vis des pays voisins. Le projet le plus emblématique reste la ligne à grande vitesse Bangkok-Nakhon Ratchasima, dont la mise en service est attendue en 2026, première étape d’une liaison qui doit à terme rejoindre le réseau ferroviaire chinois via le Laos. Un second appel d’offres, pour la portion Nakhon Ratchasima-Nong Khai, doit être lancé courant 2026 pour prolonger cette connexion vers la frontière laotienne.

Le pays mise également sur le corridor économique de l’Est (Eastern Economic Corridor, ou EEC), qui couvre les provinces de Chonburi, Rayong et Chachoengsao, avec un investissement public et privé destiné à développer l’industrie high-tech, la logistique et l’aéronautique autour de l’aéroport d’U-Tapao. Le projet de train à grande vitesse reliant les trois aéroports de Bangkok (Don Mueang, Suvarnabhumi et U-Tapao) fait partie de cet ensemble, tout comme plusieurs extensions routières et ferroviaires destinées à réduire les coûts logistiques du pays, un facteur régulièrement cité comme un frein à la compétitivité thaïlandaise face au Vietnam.

Crédit: Flickr

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