Le bouddhisme est la religion largement dominante en Thaïlande : environ 93 à 95% de la population se déclare bouddhiste, selon les recensements et les sources. Le reste de la population se répartit principalement entre l’islam (environ 5%, très majoritairement concentré dans les quatre provinces les plus au sud du pays, Pattani, Yala, Narathiwat et Satun) et le christianisme (autour de 1%, en majorité catholique).
L’histoire du bouddhisme
Les origines de la religion diffèrent selon les sources. Pour certains, le bouddhisme aurait été introduit lors du règne de l’empereur indien Ashoka (IIIe siècle avant J.-C.), qui aurait envoyé des missionnaires bouddhistes vers des régions alors inconnues de l’Inde, parmi lesquelles le territoire de l’actuelle Thaïlande.
Pour d’autres, la religion serait venue bien plus tard, à l’époque où la civilisation de Dvaravati prospérait dans la région (VIe-XIe siècle après J.-C.). Le bouddhisme serait alors venu d’Inde par les routes commerciales, dont l’influence a permis le développement des échanges entre les deux régions ainsi que la diffusion des langues et des croyances religieuses.
Au fil des siècles, plusieurs courants du bouddhisme se sont succédé ou ont coexisté sur le territoire thaïlandais : le bouddhisme theravāda, le bouddhisme mahāyāna (apporté notamment par des influences khmères et chinoises), ainsi que des éléments de bouddhisme vajrayāna et de la tradition dite « cinghalaise », rapportée du Sri Lanka (Ceylan) au XIIIe siècle et qui a fini par s’imposer durablement dans le pays.
Aujourd’hui, le bouddhisme theravāda est la forme de bouddhisme très largement pratiquée en Thaïlande.
Le bouddhisme theravāda
Le bouddhisme theravāda, souvent traduit par « la doctrine des Anciens », est considéré comme la forme de bouddhisme la plus proche des enseignements originels. C’est aussi la branche dominante dans la majeure partie de l’Asie du Sud et du Sud-Est, notamment au Myanmar, au Laos, au Cambodge et au Sri Lanka.
Les pratiquants suivent traditionnellement cinq préceptes moraux :
- ne pas tuer, ni causer de tort aux êtres vivants
- ne pas voler
- ne pas commettre d’adultère ou d’inconduite sexuelle
- ne pas mentir
- ne pas consommer de substances intoxicantes, dont l’alcool
En suivant ces préceptes et en progressant sur le chemin spirituel, les pratiquants peuvent, selon la doctrine, atteindre l’un des quatre niveaux de réalisation spirituelle du theravāda : le sotapanna, le sakadagami, l’anagami et enfin l’arahant (Cliquez ici pour en savoir plus).
Le bouddhisme en Thaïlande aujourd’hui
La place centrale du bouddhisme dans la société thaïlandaise s’incarne à la fois dans le nombre élevé de croyants et dans un lien historique fort avec la monarchie : c’est le roi Rama IV (Mongkut) qui, par décret royal en 1851, avait consacré le bouddhisme comme religion de fait de l’État. Aujourd’hui encore, la constitution thaïlandaise garantit la liberté de culte et reconnaît plusieurs dizaines de groupes religieux enregistrés, sans toutefois faire du bouddhisme une religion d’État au sens strict et juridique du terme. Ce statut reste débattu : plusieurs mouvements bouddhistes militent régulièrement pour une reconnaissance constitutionnelle plus explicite, tandis que d’autres estiment que l’équilibre actuel protège justement la coexistence pacifique entre les différentes communautés religieuses du pays.
Les nombreux temples de culte incarnent également cette omniprésence du bouddhisme, avec plus de 30 000 wats répartis sur l’ensemble du territoire. Certains datent de plusieurs siècles, comme le Wat Phra Sri Ratana Mahathat, l’un des plus anciens temples bouddhiques du pays (construit au XIVe siècle).
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D’autres temples ont été construits bien plus récemment, comme le Wat Suthat à Bangkok, achevé au milieu du XIXe siècle, preuve que la tradition de construction de temples royaux ne s’est jamais interrompue au fil des dynasties.
Une cohabitation religieuse à nuancer selon les régions
Si le bouddhisme structure la vie quotidienne dans la majeure partie du pays, la réalité religieuse est différente dans l’extrême sud, où les provinces à majorité musulmane malaise (Pattani, Yala et Narathiwat) connaissent depuis plus de deux décennies un conflit séparatiste de basse intensité, marqué par des tensions communautaires et des incidents de sécurité réguliers. Ce contexte, largement méconnu des visiteurs qui restent sur les circuits touristiques classiques, rappelle que la Thaïlande, malgré une identité bouddhiste très forte, reste une société religieusement plus diverse qu’il n’y paraît au premier abord.