Farangs : les étrangers en Thaïlande, entre attrait et statut à part

Jérémy

La Thaïlande fait toujours partie des destinations de voyage préférées des Français, à la recherche de dépaysement culturel et de soleil à un bon prix. Si de nombreux touristes découvrent le pays chaque année, un grand nombre y retourne une deuxième, une troisième, voire une quatrième fois, séduit durablement par l’ambiance du pays.

Certaines de ces personnes finissent même par s’y installer durablement. Selon les registres consulaires, plus de 15 800 Français y étaient inscrits fin 2025, en progression de plus de 4% sur un an, et l’ambassade de France estime la communauté réelle (incluant les non-inscrits) à plus de 40 000 personnes. Pourtant, malgré des années, parfois des décennies passées sur place, ces résidents restent des « farangs » aux yeux de la population locale.

Qu’est-ce qu’un farang ?

Si l’origine du terme diffère parfois selon les sources (la plus commune voudrait que le mot vienne de « français », d’autres hypothèses évoquent une déformation du mot persan « farangi » désignant les Francs puis les Européens en général), le sens reste globalement le même aujourd’hui : il désigne toutes les personnes de type caucasien (dont les Français), et plus généralement, le mot « farang » (prononcé « fa-lang ») désigne les Occidentaux dans leur ensemble.

Qui dit Occidentaux dit forcément culture différente, coutumes et traditions parfois éloignées des usages locaux. Il n’est donc pas rare que les étrangers soient plus ou moins pointés du doigt lorsqu’ils commettent un impair, par exemple lorsqu’ils entrent dans un temple sans se déchausser ou sans couvrir leurs épaules et leurs genoux. Ils seront alors qualifiés de « farangs », un terme qui peut prendre, selon le contexte et le ton employé, une connotation neutre, amusée ou plus négative.

Une différence entre les farangs et les Thaïlandais ?

Au-delà de la différence culturelle, les farangs et les Thaïlandais n’ont pas le même statut dans le pays, au sens strictement administratif et tarifaire. Cette différence se manifeste très concrètement à l’entrée de nombreux lieux de culte et sites touristiques : le système de « double tarification » reste en vigueur aujourd’hui dans la plupart des parcs nationaux et sites patrimoniaux du pays, où le visiteur étranger paie systématiquement sa place plus cher qu’un résident thaïlandais, parfois cinq à dix fois plus cher pour certains parcs nationaux. Cette pratique, régulièrement critiquée par les voyageurs occidentaux mais assumée par les autorités thaïlandaises, se justifie officiellement par la nécessité de financer l’entretien des sites via les visiteurs les plus solvables, sans pénaliser l’accès des populations locales à leur propre patrimoine.

Si, a priori, ce statut à part n’est pas toujours confortable pour un Occidental vivant ou voyageant en Thaïlande, le pays conserve malgré tout une attraction durable.

Pourquoi les farangs décident de vivre en Thaïlande malgré tout

Le cadre de vie

La Thaïlande possède de nombreux atouts :

  • Des paysages à couper le souffle, du nord montagneux aux îles du sud
  • Des températures chaudes toute l’année
  • Le soleil et des plages accessibles toute l’année selon la région

Soit un changement radical pour nous, Européens, habitués à des hivers longs et gris.

Le coût de la vie

Surtout, les prix restent très abordables comparés à la France, même si l’inflation touristique a rogné une partie de cet avantage ces dernières années. Avec quelques euros, on peut encore se restaurer dans l’un des nombreux bars et restaurants de rue. Avec une dizaine d’euros, on trouve un logement confortable et décent pour la nuit. Vivre sur place hors hébergement pour environ une centaine d’euros par mois reste possible dans les villes moyennes, bien que ce budget soit devenu plus juste à Bangkok ou dans les zones les plus touristiques comme Phuket.

Cette accessibilité a d’ailleurs séduit un nombre croissant d’expatriés français, et notamment des retraités : plusieurs types de visas leur sont aujourd’hui destinés, comme le visa retraite O-A (renouvelable un an, avec un dépôt de 800 000 bahts ou un revenu mensuel de 65 000 bahts et une assurance santé obligatoire), le visa O-X sur cinq ans renouvelable, ou encore le programme Thailand Elite, autant d’options qui structurent désormais officiellement l’installation durable des farangs dans le royaume.

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