Paludisme en Thaïlande : risques réels et prévention 2026

Jérémy

Le paludisme est une maladie infectieuse transmise à l’homme par piqûre de moustique. Il existe plusieurs formes de paludisme ; celles présentes en Thaïlande sont de type Plasmodium falciparum et Plasmodium vivax.

Il ne s’agit pas d’une maladie à prendre à la légère : le paludisme à Plasmodium falciparum, la forme la plus dangereuse, peut provoquer un coma et conduire à la mort en l’absence de traitement rapide. Mais avant de vous inquiéter outre mesure, sachez que pour l’immense majorité des voyageurs qui restent sur les circuits touristiques classiques, ce risque reste marginal — un autre moustique mérite bien davantage votre attention, comme expliqué plus bas.

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Paludisme en Thaïlande : les principales zones à risque

En Thaïlande, même si le risque reste globalement faible, il n’est pas nul. Le pays s’est fixé un objectif d’élimination du paludisme d’ici 2030, mais une résurgence a été observée en 2023, avec environ 17 000 cas confirmés au niveau national contre un peu plus de 3 000 en 2021 — une hausse concentrée presque exclusivement dans les zones frontalières. Le risque de transmission varie donc fortement selon la région, la durée et la saison du séjour.

Dans les grandes villes comme Bangkok — totalement exempte de paludisme — et dans la plupart des sites touristiques comme Chiang Mai, Chiang Rai, Phuket, Samui et l’ensemble des îles et plages du pays, le risque est nul ou quasiment nul. La prise d’antipaludéens s’avère donc généralement inutile pour un circuit touristique classique.

En revanche, pour tout séjour dans les zones frontalières avec la Birmanie, le Laos et le Cambodge, en particulier dans les zones montagneuses rurales et boisées, la prise d’un traitement antipaludéen est fortement recommandée : ce sont précisément ces zones qui concentrent la quasi-totalité des cas recensés ces dernières années. Sachez également que les risques sont plus élevés durant la saison des pluies (de mai à octobre), et que le moustique responsable du paludisme pique surtout entre le coucher et le lever du soleil.

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La dengue : un risque bien plus fréquent que le paludisme

C’est un point souvent ignoré des voyageurs qui se renseignent uniquement sur le paludisme : la dengue représente un risque nettement plus élevé pour un touriste classique, y compris à Bangkok, sur les îles et dans les zones balnéaires. Le pays a recensé plus de 51 000 cas de dengue sur la seule année 2025. Contrairement au moustique du paludisme, celui qui transmet la dengue pique principalement en journée, ce qui change complètement la logique de prévention : un répulsif appliqué seulement le soir ne suffit pas.

Il n’existe à ce jour aucun traitement préventif ni vaccin largement recommandé contre la dengue pour les voyageurs occasionnels : la seule protection efficace reste d’éviter les piqûres, de jour comme de nuit. Les mêmes précautions s’appliquent au chikungunya et au Zika, deux autres maladies transmises par le même moustique diurne.

Les symptômes du paludisme

Pour la plupart des personnes concernées, les symptômes apparaissent entre 10 jours et 4 semaines après la piqûre infectante. Chez certains cependant, la maladie peut se déclarer plusieurs mois, voire jusqu’à 4 ans après l’infection, notamment avec Plasmodium vivax.

Les symptômes du paludisme sont semblables à ceux de la grippe : fièvre, frissons, maux de tête, douleurs musculaires et fatigue. À ces symptômes peuvent s’ajouter nausées, vomissements et diarrhée. Le paludisme peut parfois provoquer une anémie et une jaunisse (coloration jaune de la peau et des yeux). La dengue partage certains de ces symptômes (fièvre, douleurs musculaires intenses) mais s’accompagne souvent d’éruptions cutanées caractéristiques et de douleurs articulaires marquées, ce qui peut aider à orienter un diagnostic, sans jamais s’y substituer.

Tout voyageur présentant des symptômes grippaux doit consulter immédiatement un médecin, y compris jusqu’à un an après le séjour. Informez systématiquement le médecin de votre voyage en zone à risque : le type de traitement et sa durée dépendent de la forme de paludisme diagnostiquée, ou de la maladie effectivement en cause.

Les traitements préventifs

Qu’il s’agisse du paludisme, de la dengue ou du chikungunya, la première ligne de défense reste la même : éviter les piqûres. Privilégiez des vêtements longs couvrant l’ensemble de la peau, des moustiquaires imprégnées la nuit, et un répulsif anti-moustique efficace (contenant du DEET, de l’IR3535 ou de l’icaridine) appliqué aussi bien en journée qu’à la tombée de la nuit.

Si votre itinéraire inclut des zones frontalières à risque de paludisme, deux traitements préventifs sont couramment prescrits en France (sur ordonnance uniquement, après consultation) :

  • Malarone : un comprimé par jour dès la veille de l’arrivée dans la zone impaludée, puis pendant 7 jours après le départ.
  • Doxycycline : un comprimé par jour dès la veille de l’arrivée dans la zone impaludée, puis pendant 4 semaines après le départ.

Ces informations ne remplacent en aucun cas une consultation médicale : rendez-vous dans un centre de vaccinations internationales avant votre départ pour une évaluation personnalisée du risque selon votre itinéraire précis, et une prescription adaptée si nécessaire.

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