Wat Arun, le temple de l’aube : histoire et infos pratiques

Jérémy

Le Wat Arun, ou « Temple de l’Aube », est l’un des symboles les plus reconnaissables de Bangkok, dressé sur la rive ouest de la rivière Chao Phraya. Son histoire est plus ancienne qu’on ne le croit souvent : un temple bouddhiste existait déjà sur ce site à l’époque du royaume d’Ayutthaya, connu alors sous le nom de Wat Makok. Ce n’est qu’après la chute d’Ayutthaya face aux Birmans en 1767 que le roi Taksin, en installant sa nouvelle capitale à Thonburi juste à côté, l’a fait renommer Wat Chaeng et l’a érigé en temple royal. La légende locale veut que Taksin, arrivant par bateau à l’aube après la défaite d’Ayutthaya, ait fait le vœu de restaurer ce temple qu’il apercevait le premier au lever du soleil, d’où son nom actuel, en référence à Aruna, le dieu hindou de l’aube.

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Architecture du Wat Arun

Le prang principal, de style khmer et culminant à environ 70 mètres, symbolise le mont Meru, demeure des dieux dans la cosmologie hindoue et bouddhiste. Contrairement à une idée répandue, il n’a pas été construit du temps de Taksin : sa restauration et son agrandissement ont été entrepris sous le règne de Rama II (1809-1824), puis poursuivis sous Rama III, pour s’achever en 1851 après près de neuf ans de travaux. Le prang est orné de mosaïques réalisées à partir de fragments de porcelaine chinoise et de céramique colorée, un matériau alors utilisé comme lest sur les navires marchands chinois faisant escale à Bangkok, ce qui explique son abondance et sa réutilisation décorative.

À noter, pour qui prévoit sa visite : depuis la grande restauration menée entre 2013 et 2017, l’accès aux escaliers raides menant aux terrasses supérieures du prang reste restreint pour la plupart des visiteurs, par mesure de conservation. Il n’est donc plus systématiquement possible d’y grimper comme cela pouvait l’être auparavant ; mieux vaut se renseigner sur place ou vérifier les conditions d’accès du moment avant de s’y rendre.

Autour du prang central se trouvent quatre mondops ornés de représentations de moments importants de la vie du Bouddha. Sur les murs de l’ubosot, la salle de prière principale, on peut admirer de belles peintures murales datant du règne de Rama V (1853-1910). Le cloître attenant abrite, quant à lui, une centaine de statues de Bouddha.

Wat Arun : informations pratiques

  • Tarif d’entrée : environ 200 bahts pour les visiteurs étrangers (tarif réduit pour les résidents thaïlandais)
  • Ouvert tous les jours, généralement de 8h à 18h
  • Situé sur le côté ouest de la rivière Chao Phraya, face au Wat Pho
  • Accessible par bateau depuis le quai Tha Tien Pier (traversée courte et bon marché)
  • En bus desservi par les lignes n°1, 25, 44, 47, 62 et 91
  • À consulter : Site internet du Wat Arun

Le saviez-vous ?

Le Wat Arun compte parmi les temples les plus vénérés de Thaïlande, en partie grâce à ce lien historique fort avec la refondation du royaume après la chute d’Ayutthaya. Jusqu’en 1785, il abrita le célèbre Bouddha d’Émeraude, aujourd’hui la relique la plus sacrée du pays, avant que Rama Ier ne le fasse transférer sur l’autre rive, au sein du Wat Phra Kaeo, à l’intérieur du Grand Palais.

Les meilleurs moments pour visiter le Wat Arun restent tôt le matin, pour profiter de la lumière rasante et de moins de monde, ou en fin de journée, pour admirer le coucher de soleil sur la rivière Chao Phraya, l’un des points de vue les plus photographiés de Bangkok, en particulier depuis les terrasses des restaurants et bars situés sur la rive opposée, côté Wat Pho.

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