Les locaux l’appellent « Yaowarat », du nom de son artère principale. Chinatown est un quartier multiculturel de Bangkok où se mêlent traditions chinoises et thaï depuis plus de deux siècles. Il se situe près de la gare de Hua Lampong, au nord-est de Siam Square et de Silom, et reste l’un des quartiers les plus denses et les plus vivants de toute la capitale.
Boutiques vendant de l’or, apothicaires traditionnels chinois, marchés alimentaires, ateliers de pièces automobiles et centaines d’échoppes de toutes sortes : on trouve littéralement de tout à Yaowarat, souvent entassé sur quelques mètres carrés. La rue principale, bordée de néons et d’enseignes en caractères chinois, s’anime particulièrement à la tombée de la nuit, quand les étals de street food remplacent les commerces de journée.
On peut aussi s’offrir une pause beauté pour quelques bahts en testant un des salons de coiffure du quartier, où un shampoing-brushing reste souvent moins cher que dans les zones touristiques du centre.
N’oubliez pas de goûter aux spécialités de la gastronomie chinoise et teochew : nids d’hirondelle, soupes de nouilles, fruits de mer grillés à même le trottoir, dim sum ou encore desserts à base de durian. Les petites gargotes sans nom, souvent tenues par la même famille depuis plusieurs générations, servent une cuisine simple, fraîche et bon marché, parfois plus authentique que dans certains restaurants réputés du centre-ville.
Se balader dans Chinatown, c’est parcourir d’étroites allées et ruelles pavées où se mêlent boutiques, stands et marchés de rue. Le dédale du marché de Sampheng, l’un des plus anciens de Bangkok, mérite particulièrement le détour pour qui aime se perdre dans un quartier animé, bruyant et vivant du matin jusqu’à tard le soir.
Chinatown Bangkok : informations pratiques pour s’y rendre
Bonne nouvelle depuis 2019 : il n’est plus nécessaire de marcher longuement depuis la gare de Hua Lampong. La station de métro MRT Wat Mangkon, ouverte en septembre 2019 dans le cadre de l’extension de la ligne bleue, dessert directement le cœur de Chinatown, juste sous le temple Wat Mangkon Kamalawat. Sa décoration, inspirée d’un dragon et de la couleur rouge porte-bonheur, vaut à elle seule un coup d’œil.
- En métro (MRT) : environ 17 à 45 bahts selon la distance
Descendre directement à la station Wat Mangkon, en plein cœur du quartier, ou à Hua Lampong si l’on préfère marcher quelques minutes. - En bateau : à partir de 16 à 35 bahts selon la ligne (drapeau orange, jaune ou vert-jaune)
Le forfait touristique journée (Chao Phraya Tourist Boat, drapeau bleu) coûte environ 150 bahts.
Descendre à Tha Ratchawong ou Memorial Bridge. Le Chao Phraya Express Boat dessert aussi de nombreux autres sites touristiques comme le Grand Palais ou Wat Pho. - En bus : à partir de 10 bahts le trajet
Emprunter le n°25 ou le n°56. - En taxi ou VTC (Grab) : tarif variable
Dépend du point de départ et de la circulation, souvent dense aux abords du quartier.
Exemple : depuis Sukhumvit, compter généralement entre 100 et 200 bahts hors surtaxe trafic.
Le saviez-vous ?
Chinatown est né en 1782, l’année même où le roi Rama Ier fonde Bangkok comme capitale du royaume de Rattanakosin. La communauté chinoise, principalement d’origine teochew, occupait alors le terrain choisi pour construire le Grand Palais : elle fut déplacée quelques kilomètres en aval, dans le quartier de Sampheng, qui deviendra le noyau de l’actuel Yaowarat. Ce déplacement tenait aussi à la politique du nouveau roi, davantage lié à la communauté hokkien, alors que les Teochew avaient soutenu le roi précédent, Taksin.
Grâce au sens des affaires de cette communauté, le quartier est devenu pendant près de deux siècles le principal centre commercial de Bangkok, avant même l’essor de Silom ou de Sukhumvit. La rue Yaowarat elle-même, qui donne aujourd’hui son nom au quartier, n’a été percée que plus tard, sous le règne de Rama V, pour moderniser la circulation dans cette zone déjà extrêmement dense.
On observe encore à Chinatown une influence architecturale européenne, héritée de cette prospérité commerciale : des bâtiments de style colonial comme celui de la Bangkok Bank, l’une des plus anciennes institutions bancaires du pays, ou celui de la Siam Commercial Bank, la première banque commerciale créée en Thaïlande, témoignent de cette histoire à la croisée des cultures chinoise, thaïe et occidentale.
Un bon repère pour visiter : le Nouvel An chinois, généralement fin janvier ou en février selon le calendrier lunaire, transforme Yaowarat en une immense fête de rue avec dragons, lions dansants et illuminations, mais attire aussi une foule considérable. Pour une visite plus tranquille, mieux vaut privilégier une soirée de semaine ordinaire, quand les étals de street food s’installent sans l’affluence des grands week-ends.
