Wat Chiang Man, le plus ancien temple de Chiang Mai

Jérémy

Son nom peut se traduire par « Wat fortifié et solide » ou « Wat de la ville fortifiée et solide ». Il se situe au nord-est du centre historique de Chiang Mai, à l’intérieur des remparts de la vieille ville. Le Wat Chiang Man est connu pour abriter des Bouddha anciens, très rares et vénérés par les habitants de la région.

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Construit en 1297, lors de la fondation de Chiang Mai comme nouvelle capitale du royaume de Lanna par le roi Mengrai, le Wat Chiang Man est le plus ancien temple de la ville et son premier temple royal. Il fut érigé sur le site de Wiang Nopburi, une ancienne ville fortifiée du peuple lawa que Mengrai avait utilisée comme camp de base pendant la construction de sa nouvelle capitale, avant d’en faire un lieu de culte permanent une fois Chiang Mai achevée.

Avec ses façades élégantes en bois sculpté et doré, cet ensemble de bâtiments offre un bel aperçu de l’architecture lanna, typique du nord de la Thaïlande et bien distincte du style siamois que l’on retrouve à Bangkok ou Ayutthaya.

À la découverte du Wat Chiang Man

plan du site

  • 1. Le chedi aux éléphants

Comme dans la plupart des complexes bouddhistes, le chedi est la structure la plus ancienne de l’ensemble, considérée par certains historiens comme antérieure même à la fondation officielle du temple. Il comporte trois parties : une base carrée d’où semblent jaillir 15 éléphants sculptés en stuc grandeur nature, un deuxième niveau en pierre grise, et une partie supérieure surmontée d’un dôme doré en forme de cloche, typique des chedis du nord de la Thaïlande.

  • 2. Le grand viharn

Dans le style lanna typique, le grand viharn possède un toit à trois niveaux étagés et est décoré de sculptures en bois aux couleurs or et ocre. Il abrite le plus ancien Bouddha de Chiang Mai : un Bouddha en marbre debout, tenant un bol à aumône, dont le style témoigne des influences artistiques mêlées du royaume de Lanna à ses débuts.

  • 3. Le petit viharn

L’entrée du petit viharn est gardée par un serpent mythologique (naga). À l’intérieur sont conservés, derrière une vitrine, deux objets parmi les plus sacrés de tout le nord de la Thaïlande : le Phra Sila, une stèle en bas-relief sculptée représentant un Bouddha debout, ainsi que le Phra Sae Tang Khamani, plus connu sous le nom de Bouddha de cristal, une petite statue d’à peine 10 centimètres taillée dans un cristal de quartz clair.

  • 4. Ubosot ou Bot

Datant du XIXe siècle, c’est le bâtiment qui sert à l’ordination des moines, une cérémonie encore régulièrement célébrée aujourd’hui. Une stèle en pierre placée devant le Bot mentionne la date de fondation de Chiang Mai, ce qui en fait l’une des sources historiques directes les plus précieuses sur la création de la ville.

  • 5. La bibliothèque

La bibliothèque, ou Ho Trai, est le lieu où sont conservés les livres sacrés et les écritures bouddhistes du wat, traditionnellement surélevée sur pilotis pour protéger les manuscrits de l’humidité et des insectes. Le bâtiment reste toutefois beaucoup moins richement travaillé que le Ho Trai du Wat Phra Singh, situé à quelques centaines de mètres.

Wat Chiang Man : informations pratiques

  • Entrée libre
  • Ouvert tous les jours, généralement de 6h à 17h (les horaires d’accès aux viharns peuvent varier légèrement selon les cérémonies en cours)
  • Situé dans la vieille ville fortifiée, sur Ratchaphakhinai Road, à environ 10-15 minutes à pied de la porte Tha Phae

Le saviez-vous ?

L’histoire du Bouddha de cristal remonte bien avant la fondation de Chiang Mai : selon les chroniques rapportées par plusieurs historiens de la région, la statuette aurait été sculptée vers le IIe siècle puis offerte à la reine Chamathewi, souveraine du royaume de Haripunchai (l’actuelle Lamphun) au VIIe siècle, plusieurs centaines d’années avant la naissance du roi Mengrai. Ce n’est qu’en 1296, après que Mengrai eut conquis Haripunchai, que la précieuse relique fut transférée à Chiang Mai. Selon les croyances locales, elle aurait le pouvoir de préserver la région des catastrophes naturelles.

Quant au Phra Sila, on lui prête le pouvoir de faire tomber la pluie : on le vénère notamment lors de la saison sèche, en avril. D’ailleurs, chaque année en avril, lors des fêtes de Songkran (le nouvel an thaïlandais), le maire de Chiang Mai ouvre traditionnellement les festivités en donnant l’ablution rituelle aux représentations de Bouddha du Wat Chiang Man, un moment fort de la ville que de nombreux visiteurs viennent observer.

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